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 Anouilh, "Antigone", Le dialogue entre Cron et Antigone

         



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: 27/08/2008

: Anouilh, "Antigone", Le dialogue entre Cron et Antigone    15, 2010 12:30 pm

Rsum

Commentaire sur un extrait de la pice de thtre de Jean Anouilh, Antigone. Le passage tudi s'tend de : "CREON : Ne reste pas trop seule. Va voir Hmon, ce matin (...)" "(...) La vie t'a seulement ajout tous ces petits plis sur le visage et cette graisse autour de toi". Cet extrait se situe peu avant le dnouement et montre la sparation irrmdiable entre les deux personnages, Antigone et son oncle Cron, le roi.

Extrait:

Dans cet extrait de la dernire partie de cette pice, qui ne comporte aucun dcoupage en actes et en scnes, un dialogue s'installe entre l'hrone et son oncle Cron, le roi de Thbes. Cette scne est importante car elle correspond au moment de la crise, peu avant le dnouement.

Cette scne s'articule nettement en deux parties : Cron essaie de convaincre sa nice que son geste est absurde et il y parvient jusqu'au moment o il voque le "bonheur". Ce mot provoque aussitt une vive raction d'Antigone. Cet extrait semble entriner l'chec de Cron, et dvoiler la vritable personnalit de la jeune femme (...)

Sommaire:

Introduction

I) L'opposition des deux personnages
II) Une intensit dramatique croissante
III) Deux visions du monde incompatibles

Conclusion

Texte tudi:

CREON : Ne reste pas trop seule. Va voir Hmon, ce matin. Marie-toi vite.
ANTIGONE : Oui.
CREON : Tu as toute la vie devant toi. Notre discussion tait bien oiseuse, je t'assure. Tu as ce trsor, toi encore.
ANTIGONE : Oui.
CREON : Rien d'autre ne compte. Et tu allais le gaspiller! Je te comprends, j'aurais fait comme toi vingt ans. C'est pour cela que je buvais tes paroles. J'coutais du fond du temps un petit Cron maigre et ple comme toi et qui ne pensait qu' tout donner lui aussi... Marie-toi vite, Antigone, sois heureuse. La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignote, assis au soleil. Ils te diront tous le contraire parce qu'ils ont besoin de ta force et de ton lan. Ne les coute pas. Ne m'coute pas quand je ferai mon prochain discours devant le tombeau d'Etocle. Ce ne sera pas vrai. Rien n'est vrai que ce que l'on ne dit pas... Tu l'apprendras toi aussi, trop tard, la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. Tu vas me mpriser encore, mais de dcouvrir cela, tu verras, c'est la consolation drisoire de vieillir, la vie, ce n'est peut-tre tout de mme que le bonheur.
ANTIGONE, murmure, le regard perdu. : Le bonheur...
CREON, a un peu honte soudain. : Un pauvre mot, hein?
ANTIGONE, doucement. : Quel sera-t-il, mon bonheur? Quelle femme deviendra-t-elle, la petite Antigone? Quelles pauvrets faudra-t-il qu'elle fasse, elle aussi, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur? Dites, qui devra-t-elle mentir, qui sourire, qui se vendre? Qui devra-t-elle laisser mourir en dtournant le regard?
CREON, haussant les paules. : Tu es folle, tais-toi.
ANTIGONE : Non, je ne me tairai pas! Je veux savoir comment je m'y prendrai, moi aussi, pour tre heureuse. Tout de suite, puisque c'est tout de suite qu'il faut choisir. Vous dites que c'est si beau la vie. Je veux savoir comment je m'y prendrai pour vivre.
CREON : Tu aimes Hmon?
ANTIGONE : Oui, j'aime Hmon. J'aime un Hmon dur et jeune; un Hmon exigeant et fidle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hmon ne doit pas plir quand je plis, s'il ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me dtester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir prs de moi le monsieur Hmon, s'il doit apprendre dire oui , lui aussi, alors je n'aime plus Hmon!
CREON : Tu ne sais plus ce que tu dis. Tais-toi.
ANTIGONE : Si, je sais ce que je dis, mais c'est vous qui ne m'entendez plus. Je vous parle de trop loin maintenant, d'un royaume o vous ne pouvez plus entrer avec vos rides, votre sagesse, votre ventre. (Elle rit) Ah! Je ris, Cron, je ris parce que je te vois quinze ans, tout d'un coup! C'est le mme air d'impuissance et de croire qu'on peut tout. La vie t'a seulement ajout tous ces petits plis sur le visage et cette graisse autour de toi.


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: 24/01/2010

: : Anouilh, "Antigone", Le dialogue entre Cron et Antigone    18, 2010 12:45 pm

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Anouilh, "Antigone", Le dialogue entre Cron et Antigone
          
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